PAR : Nathan Horrenberger
Église protestante évangélique « La Source », Château-Arnoux

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La création, source d’émerveillement.

Nous chantons dans nos cantiques les splendeurs de la création, célébrant une nature intacte, où Dieu a parfaitement équilibré chaque chose. Or, consciemment ou pas, nous sommes en train de rompre cette merveilleuse harmonie. Si nous adaptions nos chants à cette réalité en devenir, le tableau serait moins idyllique. Imaginons par exemple cette strophe ainsi modifiée : Quand par les bois, où la forêt succombe, j’erre sans entendre un seul oiseau chanter. Quand sur les monts, la source nauséabonde a vu tarir son cours d’eau pollué.

Paysage alpin

Nous sommes en train de détruire la diversité et la beauté de la nature qui sont, il me semble, l’un des meilleurs moyens pour les non-croyants de s’interroger sur l’origine de la vie. Jean Calvin nous encourage à « prendre plaisir à contempler les œuvres de Dieu(*) ». Malheureusement, jour après jour, nous atténuons les couleurs du magnifique tableau de la création.

Jésus revient, ne changeons rien ?

C’est un discours que j’ai entendu plusieurs fois chez des chrétiens : à quoi bon se préoccuper du déclin de la biodiversité, des pollutions qui s’accumulent et du climat qui s’emballe puisque nous ne serons pas amenés à vivre éternellement sur cette terre ? Le déni est une autre réaction commune lorsque l’on comprend qu’un changement profond de nos modes de vie est nécessaire et que le confort auquel nous nous sommes habitués ne sera jamais accessible à tous.

Responsabilité et culpabilité.

« Celui qui a causé l'incendie sera tenu de donner un dédommagement. » (Ex 22.5b). Cela n’est plus à démontrer, nous avons, en tant qu’occidentaux, une responsabilité particulière dans les bouleversements en cours. Certains seuils franchis sont irréversibles, les espèces disparues ne reviendront pas, et les degrés supplémentaires sont là pour longtemps. Quand nous prenons conscience de cela et, face à l’ampleur de la tâche, le découragement et la culpabilité peuvent s’installer. Pourtant, ces sentiments sont rarement mobilisateurs et il nous faut apprendre à les dépasser. Nos impacts sur l’environnement n’étant pas seulement le fait de choix individuels, il s’agit plus largement de remettre en cause le mythe des ressources inépuisables sur lequel est fondée notre société de l’abondance.

Oiseau

La destruction de la nature, symbole de la chute ?

À plusieurs reprises dans les Écritures, le parallèle est fait entre le dépérissement du vivant et la condition pécheresse de l’homme, par exemple en Michée 7.13 : « Le pays sera dévasté à cause de ses habitants, à cause du fruit de leurs agissements » ou en Jérémie 12.4 : « Jusqu'à quand le pays sera-t-il endeuillé et l'herbe de tous les champs sera-t-elle desséchée ? À cause de la méchanceté de ses habitants, les bêtes et les oiseaux disparaissent. »

Soyons gardiens de la terre.

« L’Éternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour qu’il le cultive et le garde. » (Ge 2.15). Le terme hébreu shamar, traduit par « garder », est aussi utilisé pour exprimer veiller, préserver, protéger, faire attention ou encore prendre soin. C’est le même mot qui est employé en Genèse 17.9, lorsque Dieu dit à Abraham « Tu garderas mon alliance » ; ou en Genèse 28.15 : « Je te garderai partout où tu iras. » Nous ne sommes donc pas appelés à une exploitation irraisonnée mais à une gestion responsable du cadre de vie qui nous est offert.

Aimer son prochain.

Prendre soin de la création, c’est aussi garantir aux humains une eau propre, un air pur, une biodiversité riche, un climat stable, des sols vivants, une nourriture saine en abondance… Par amour pour nos contemporains et par respect pour notre Dieu, faisons que ce monde qu’il nous a confié conserve sa beauté !


(*) Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, livre I, chapitre XIV.20

Photos prises par l’auteur

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mai 2021

Rubrique :
Société
Mots-clés :
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