Auteur :
Nordine Salmi
Membre du comité de rédaction, pasteur, Église évangélique baptiste de Genève
Paru dans :
Lien fraternel de novembre 2019 (n° 95/11)
Rubrique :
Point de vue
Mots-clés :
 

Tout, en cette période, nous rappelle la fragilité humaine : la nature, avec les plantes qui perdent leurs fleurs et les arbres leurs feuilles ; les hommes qui s’agitent en cette fin d’octobre, dans les cimetières. Tout est fait pour que nous ayons les yeux rivés sur la fin inéluctable de toute vie. Bonjour la déprime !

Il n’est pas facile de vivre avec la mort ! Elle ne frappe pas toujours avec la violence illustrée par la célèbre cinquième symphonie de Beethoven. Le plus souvent elle marque insidieusement son territoire. Petit à petit, au fil des ans, elle s’installe en permanence dans nos pensées, comme une vieille compagne.

« Nous n’aimons pas parler de la mort, ou plus précisément de notre mort, ni de celle qui pourrait toucher ceux que nous aimons. La mort des autres, surtout ceux qui habitent un pays lointain ou le monde virtuel, dérange moins. » Ainsi débute le petit livre de Lydia Jaeger1. Jean Delumeau2 évoque avec une pointe d’humour ces morts que nous cachons dans des cimetières situés en dehors des villes. La mort, écrit-il en substance, nous rattrape, comme les agglomérations rattrapent ces nécropoles que nous avions soigneusement bannies ! La mort, pour reprendre les termes de Lydia Jaeger, est le seul « risque » auquel nul n’échappera.

Nous lisons dans la Parole de Dieu que la mort est une sanction que nous traînons comme une rançon que nous devrons – tôt ou tard – payer. Nous pouvons célébrer les morts par des fêtes, des chants, des poèmes et même des déguisements. Elle est là, avec son lot de souffrances, de larmes et de « pourquoi ? ».

Le chrétien n’échappe pas à cette fin inéluctable. Il aurait aimé pouvoir en être épargné. Il aurait voulu ne pas devoir affronter ce dernier ennemi. Néanmoins, Dieu, dans son infinie sagesse, le garde solidaire d’un monde déchu, tout comme le Christ s’est solidarisé avec notre condition humaine, affrontant, lui le Juste, la mort dans toute son horreur physique et spirituelle.

Si nous avions été enlevés au moment de notre conversion, qui pourrait témoigner de l’espérance qu’est venu apporter le Christ ? Qui pourrait entendre ces paroles : « La vie c’est le Christ et la mort m’est un gain » (Ph 1.21) ? La mort se voulait dominatrice. Elle est réduite à l’état de servante, ouvrant l’accès à la résurrection !

Vivre avec la mort n’est pas chose facile. Mais si notre espérance ne nous place pas en dehors de cette réalité, elle nous rend compagnon de route compatissant, consolateur, de toutes celles et ceux qui, autour de nous, vivent dans la hantise de la mort. Nos paroles, nos gestes, nos attitudes n’aurons pas les allures du détachement que produisent souvent ceux qui ne se sentent pas concernés. Au contraire, ils se revêtiront de l’humble assurance que permet la foi au Christ ressuscité !

« Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Crois-tu cela ? » (Jn 11.26). ■

Sel de la terre

Aucune
Claire-Lise M

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Nordine Salmi