Auteur :
Nordine Salmi
Membre du comité de rédaction, pasteur, Église évangélique baptiste de Genève
Paru dans :
Lien fraternel de juin 2019 (n° 95/06)
Rubrique :
Point de vue
Mots-clés :
 

Le point commun des nombreux récits qui relatent les derniers entretiens de Jésus avec ses disciples, c’est l’immense souci que le Seigneur manifeste à leur égard. Alors qu’il va subir le châtiment extrême des hommes et de son Père, il se décentre de lui-même et du sort qui l’attend pour prendre soin de ceux qu’il a appelés à marcher à sa suite.

L’un des récits caractéristiques de cette attitude se trouve dans l’Évangile de Jean au chapitre 13 : le lavement des pieds. L’intention de Jésus est clairement indiquée : donner à ses disciples une marque suprême de son amour. Comment le fait-il ? En accomplissant le travail réservé à l’esclave, qui devait laver les pieds des invités du maître. Jésus, par son attitude et son geste, dit toute l’immensité de son amour à ses disciples.

Parmi tous les participants de cette scène, seul Pierre réagit : « Tu ne me laveras pas les pieds ! Sûrement pas ! » Comme moi, vous comprenez sans doute la réaction de Pierre. Accepter que Jésus soit son serviteur et s’abaisse au point de lui laver les pieds, c’est tout simplement inacceptable ! Et, pourtant c’est essentiel, vital ! Sans le « service » de Jésus à mon égard, je ne peux rien faire. Sans l’œuvre de Christ dans ma vie, je ne peux être en communion avec lui. Se laisser faire ! Voilà ce que Jésus demande à Pierre ! Voilà ce qui est difficile à accepter. C’est tout un apprentissage pour le bouillonnant apôtre qui, avant toute chose, veut « faire ». C’est un apprentissage pour nous aussi, qui voulons « faire » et refusons de nous « laisser faire ». On parle beaucoup du « lâcher prise ».

Mais pour l’homme d’aujourd’hui – comme pour l’homme d’hier – c’est inenvisageable. Il veut faire, accomplir, réaliser, acheter, payer... bref, être actif de sa propre justification !

Le service de Jésus est complet, il ne manque rien. Nous n’avons rien à y rajouter. Il suffit à notre salut. Nous devons juste accepter de nous « laisser faire » ! De nous laisser pardonner, de nous laisser accueillir, de nous laisser transformer ! C’est la marque distinctive de l’amour suprême de Jésus à notre égard.

C’est seulement après nous être laissé faire que nous pouvons, à notre tour, être serviteurs des autres. Mais faut-il encore trouver des frères ou des sœurs qui veuillent bien se « laisser faire ». Mais cela, c’est une autre histoire... ■

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