Noël, réconfort et rédemption
Autour du récit de l’enfance de Jésus, deux personnages de l’Évangile de Luc m’interpellent. Le premier est Siméon. Le deuxième, c’est Anne. Siméon et Anne attendaient quelque chose. En fait, ils attendaient quelqu’un. Ils ne sont pas souvent présents sur les cartes de Noël, et pourtant…

Siméon et Anne
Parlons tout d’abord de Siméon. Nous le rencontrons en Luc 2.25, où il nous est dit : « Il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. »
À ce moment-là, tout n’allait pas très bien pour le peuple d’Israël. Il n’avait pas entendu la voix de Dieu depuis de longues années, et il était sous l’oppression romaine. Il avait perdu son indépendance politique et vivait dans la peur du roi Hérode. Beaucoup de gens espéraient donc la venue du Messie. Et Siméon avait de bonnes raisons d’avoir de l’espoir : le verset 26 nous dit qu’il avait été « divinement averti par le Saint-Esprit qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu l’Oint du Seigneur ».
« La consolation d’Israël » (v. 25). L’attente de Siméon se concentrait sur le réconfort que Christ allait apporter par sa venue. Le besoin d’être réconforté est un besoin humain universel. Nous nous battons tous contre la solitude, l’insécurité, la tristesse, le sentiment de rejet. Il apparaît même que Noël est l’une des périodes de l’année où il y a le plus de suicides, en particulier en raison du sentiment de solitude, avec les dépressions qu’il engendre.
Mais revenons à Siméon. Le Saint-Esprit le pousse à aller sur le parvis du Temple le jour-même et au moment-même où Joseph et Marie viennent avec Jésus au Temple. Lorsque Siméon regarde le bébé Jésus, âgé d’environ six semaines, il sait que la promesse de Dieu a été tenue. Il prend dans ses bras Emmanuel, « Dieu avec nous », et il sait que cet enfant va apporter le réconfort au monde entier. Plein d’assurance, il loue le Seigneur (v. 28).

Si vous êtes parents, comment vous sentiriez-vous si un vieil homme que vous ne connaissez pas venait vers vous, prenait votre enfant dans ses bras, et commençait à chanter très fort ? J’imagine que cette situation a dû être surprenante pour Joseph et Marie.
Mais Siméon est conduit là par Dieu et dit les merveilles en train de s’accomplir. Alors qu’il loue le Seigneur, il reconnaît que celui-ci a non seulement accompli la promesse qu’il lui avait faite, mais que le bébé qu’il tient dans ses bras est également l’accomplissement des promesses faites aux prophètes d’apporter de l’espoir aux juifs et aux païens. Le salut est en marche !
L’autre personnage est Anne, âgée de quatre-vingt-quatre ans, qui, après être devenue veuve, a décidé de consacrer sa vie au jeûne et à la prière dans le Temple de Jérusalem. Elle servait le Seigneur jour et nuit dans le Temple. Elle aussi attendait la venue du Messie, mais avec un espoir différent. Anne attendait la délivrance : « Étant survenue, elle aussi, à cette même heure, Anne louait Dieu, et elle parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem. » (Lc 2.38). « Rédemption », ou « délivrance » selon les traductions.
Le mot est associé à l’idée de captivité. La Pâque de l’Ancien Testament et la délivrance d’Israël de l’esclavage en Égypte étaient, du temps d’Anne, la rédemption ultime et le symbole de la puissance salvatrice de Dieu. Dieu avait libéré son peuple, l’avait racheté de l’esclavage.
Lorsqu’Anne, la prophétesse, voit l’enfant, elle remercie Dieu et parle de Jésus à tous ceux qui attendent la rédemption de Jérusalem. Quelle était cette rédemption, cette libération qu’ils espéraient ? Probablement les attentes étaient-elles diverses. Mais Anne sait que c’est Jésus qui comblera le besoin de libération du peuple. Et nous savons que c’est grâce à l’offrande de son sang pour le pardon de nos péchés que Jésus a acquis, pour quiconque choisit de lui faire confiance, ce que l’Épître aux Hébreux appelle une « rédemption éternelle » (Hé 9.12).
Réconfort et rédemption. Lorsque Jésus est venu sur cette terre, il a donné à Siméon et à Anne ce dont ils avaient besoin, ce qu’ils attendaient.
Et nous, qu’attendons-nous pour Noël ? Certains peuvent s’identifier à Siméon, en attente de réconfort. Ils se sentent seuls, vides et apeurés. Jésus, Dieu » avec nous, est venu apporter la consolation. Ou peut-être d’autres s’identifient-ils à Anne, dans l’attente de la libération. Te sens-tu triste pendant cette période de fêtes, à cause de quelque chose de mal que tu aurais fait ? Sens-tu que tu es comme emprisonné par un péché que tu n’arrives pas à casser ? La libération du péché est la plus grande qui nous ait été acquise. Si tu as besoin de pardon, Jésus peut te le donner immédiatement.
En cette période de Noël, je proposerai trois moyens pour nous aider à expérimenter le réconfort et la libération offerts par Dieu.

Savoir s’émerveiller
Lorsque Joseph et Marie essaient de faire le tri dans leurs émotions, suite à ces deux rencontres avec Siméon et Anne, la Bible nous dit qu’ils étaient émerveillés de tout ce qui avait été dit sur Jésus. S’émerveiller, c’est être rempli d’étonnement, de surprise et d’admiration.
Êtes-vous émerveillés en cette période de Noël ? Ou êtes-vous stressés par toutes les choses à faire ? Noël est-il devenu trop familier, trop habituel pour vous ? Les histoires de Noël ont-elles encore un effet sur vous ?Pour retrouver l’émerveillement de Noël, pourquoi ne pas choisir un personnage de Noël et nous mettre à sa place quelques instants. Les bergers, Joseph, Marie, Siméon, Anne, les mages d’Orient… le choix ne manque pas. Imaginons notre réaction si nous avions été à la place des témoins directs de la naissance de Jésus. Je crois que l’émerveillement que nous avons peut-être perdu reviendra bien vite lorsque nous réaliserons à nouveau la particularité de Noël.
Non, Noël ne doit pas être une habitude. Noël, ce doit être à nouveau l’occasion d’être émerveillé par la venue de Dieu sur terre !
Obéir à l’appel
Siméon et Anne sont des gens qui se mettent en action. Lorsque le Saint-Esprit leur demande de bouger, ils ne restent pas assis les bras croisés. Que serait-il arrivé s’ils n’avaient pas bougé ? En fait, tous les personnages de Noël, à l’exception d’Hérode, ont répondu à l’action du Saint-Esprit.
Marie était prête à l’action, lorsqu’elle dit à l’ange qui lui annonce sa grossesse : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! » (Lc 1.38). Joseph a agi rapidement lorsqu’il « fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et prit sa femme avec lui » (Mt 1.24) pour la mettre en sécurité. Les bergers se sont encouragés à l’action, lorsqu’ils se dirent : « Allons jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. » (Lc 2.15). Les mages d’Orient sont allés bien au-delà de leur zone de confort quand ils ont vu l’étoile qui leur annonçait la naissance de Jésus.
Mes amis, lorsque Dieu nous demande de faire quelque chose, il faut le faire. Cela peut amener les gens qui nous entourent à entendre parler de Jésus et du salut. Repoussons-nous toujours tout au lendemain, ou sommes-nous prêts à l’action ?
Marie a dû être abasourdie lorsqu’elle a entendu que « cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction ». Et Siméon ajoute : « et à toi-même, Marie, une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées. » (Lc 2.34-35). Ce ne sont pas vraiment de jolis vœux de Noël. Non, Siméon dit clairement à Marie que Jésus va amener la contradiction dans le monde.
Noël divise le monde et les humains en deux parties. Soit Jésus est le rocher sur lequel vous construisez votre maison, soit il est une pierre d’achoppement, une pierre qui fait chuter (cf. Ac 4.11). Chaque Noël est l’occasion pour les humains de prendre la mauvaise ou la bonne direction. Chaque Noël nous rappelle qu’il nous faut faire un choix. On ne peut pas rester neutre envers Jésus. Soit nous sommes avec lui, soit nous sommes contre lui. Soit nous recevons le réconfort et la libération qu’il nous offre, soit nous portons le poids de nos péchés éternellement.
Se faire messager
Émerveillés, nous nous mettons inévitablement en action, et devenons des messagers. En Luc 2.38, après avoir vu Jésus, Anne « louait Dieu, et parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem ». Elle propageait le message de Noël. Avez-vous de la famille ou des amis qui ont perdu le sens de Noël ? Sûrement sont-ils, au fond de leur cœur, en recherche de réconfort et de pardon, ces choses que seul Jésus peut donner.
Il est de notre responsabilité, nous qui connaissons la merveilleuse origine de Noël, de la faire partager autour de nous, pour que ceux qui nous entourent aient une chance de vivre avec nous la joie d’appartenir à notre Sauveur et Seigneur, Jésus-Christ.

En nous émerveillant, la magie de Noël nous transperce. En nous mettant en route avec Jésus, notre besoin de réconfort et de pardon est comblé. Puis, lorsque nous prenons notre rôle de messager au sérieux, nous partageons la bonne nouvelle de la venue de Christ sur Terre, pour que chaque humain ait la possibilité de trouver la paix qu’il cherche.
Noël est un merveilleux message ! Un message qui nous pousse à l’action et au témoignage ! Nous avons un magnifique cadeau à faire aux gens qui nous entourent. N’ayons pas peur de partager la bonne nouvelle de la naissance de Jésus !
Celui qui a le Fils...
En conclusion, j’aimerais vous raconter une histoire qui m’a ému. Je n’en connais pas l’origine précise, mais je l’ai trouvée très parlante.
Un homme très riche avait une grande passion pour l’art. Il avait de tout dans sa collection, de Picasso à Michel-Ange, en passant par Rembrandt. Mais bien plus que ses tableaux, il aimait son fils unique. Mais le fils partit pour la guerre et mourut. Le père en fut tant affecté qu’il perdit la joie de vivre. Quelques mois plus tard, un jeune homme avec un grand tableau dans les mains frappa à sa porte. Il dit au père : « Monsieur, vous ne me connaissez pas, mais je suis le soldat pour qui votre fils a donné sa vie. Au moment où il m’a sauvé, une balle a traversé sa poitrine et il est mort sur le coup. Il me parlait beaucoup de vous et me disait combien vous aimiez les tableaux que vous aviez chez vous. Je sais que ce n’est pas beaucoup et que je ne suis pas un grand artiste, mais je suis sûr que votre fils aurait aimé que vous receviez cette toile. »

Le père ouvrit le paquet que lui tendit le jeune homme et y découvrit le portrait de son fils, peint par le jeune soldat. Il regarda avec une profonde admiration la façon dont était exprimée la personnalité de son fils dans la peinture. Ému, il remercia chaleureusement le jeune homme.
Le père plaça la toile devant ses grandes œuvres d’art. Chaque fois que quelqu’un visitait sa maison, il montrait avec fierté ce tableau peint à l’image de son fils. Puis, quelques mois plus tard, le père mourut et l’on annonça la vente aux enchères de toutes ses œuvres d’art. Au milieu des tableaux de grande valeur, se trouvait le portrait de son fils. Le commissaire-priseur débuta la vente aux enchères : « Nous allons commencer les enchères avec le portrait intitulé Le Fils. Qui se lance pour une première offre ? »
On entendit un cri du fond de la salle : « Nous voulons voir Van Gogh, Picasso ! »
Le commissaire-priseur insista : « Quelqu’un veut-il enchérir pour cette peinture ? Cent francs ? Deux-cents francs ? »
Une faible voix dit : « Je donne dix francs pour la peinture. » C’était le vieux jardinier de la maison. Il ne pouvait offrir plus.
« Nous avons dix francs ! Qui donne vingt francs ? » s’écria le commissaire-priseur. Personne ne répondit. Le commissaire-priseur tapa alors du marteau : « Une fois, deux fois, trois fois ! Adjugé, vendu pour dix francs ! »
Un homme au fond de la salle dit alors : « Enfin, passons aux choses sérieuses ! »
Le commissaire-priseur laissa de côté son marteau et dit :
« Je suis désolé, mesdames et messieurs, mais la vente est terminée.
– Mais et les peintures ? demandèrent les intéressés.
– Je suis désolé, dit le commissaire-priseur, mais il y avait une clause secrète dans le testament de l’ancien propriétaire. Seule la peinture intitulée Le Fils serait mise aux enchères. Celui qui l’achèterait, hériterait de tous les biens de cet homme, y compris de ses célèbres tableaux. Celui qui a acheté le tableau intitulé Le Fils possède désormais tout. »
Celui qui a le Fils de Dieu hérite la vie éternelle et tout ce qu’elle contient, et celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie (1Jn 5.12).
Cette histoire remet bien les choses en perspective. Le message est le même aujourd’hui, pour ce Noël que nous allons fêter : grâce à l’amour du Père, celui qui accepte le Fils hérite de tout. À Noël, nous fêtons la naissance de Jésus, et pourtant c’est lui qui nous fait un cadeau : réconfort et libération… Il veut nous offrir son amour.
Alors, comme Siméon et Anne, ouvrons grand les bras pour recevoir cette grâce et louer notre Seigneur ! Amen ! ■

