Auteur :
Léo Lehmann
Membre du comité de rédaction, pasteur, Église le Cépage, Bruxelles-Ganshoren
Paru dans :
Lien fraternel de novembre 2019 (n° 95/11)
Rubrique :
Nos repères
Mots-clés :
 mariage cérémonie

Dans notre société, cérémonie de mariage et Église ont longtemps été étroitement associées. Pourtant, aujourd’hui, si un certain nombre de couples continuent à faire suivre leur mariage civil d’une célébration dans une Église, cette tradition ne s’impose plus à ceux qui souhaiteraient y substituer, par exemple, une cérémonie laïque ou passer directement de la mairie à un repas de mariage ou une fête. Dans notre contexte évangélique, quel sens donnons-nous aux cérémonies que nous continuons de célébrer autour de l’union des couples qui en font la demande ?

mariage

Le mariage n’est pas religieux

Commençons par préciser que nos cérémonies ne font pas qu’un mariage soit mariage. Le mariage, union librement consentie d’un homme et d’une femme qui quittent leurs familles d’origine pour en fonder ensemble une nouvelle, a été institué par Dieu en tant que structure créationnelle pour l’ensemble des humains (Gn 2.22-24). Au fil de l’histoire et selon les cultures, cette institution s’est incarnée dans des formes variées. En ce qui nous concerne, c’est l’État qui a pris la responsabilité de la reconnaissance officielle de la parole d’engagement qui constitue l’alliance entre les conjoints. Certes, il enregistre également d’autres types d’unions (PACS, cohabitation légale). Néanmoins, ce que l’État appelle « mariage », entre un homme et une femme, est ce qui se rapproche le plus du projet divin pour le couple tel que nous le discernons dans l’Écriture, suffisamment proche de celui-ci pour que nous puissions paisiblement considérer ce mariage comme pleinement mariage. En quittant l’officier d’état civil, les mariés sont donc bel et bien mariés, « devant Dieu » comme devant les hommes qui ont été témoins de leur alliance. Les promesses et les alliances qu’ils échangeront éventuellement à l’Église ne seront qu’une nouvelle mise en scène, enrichie, de ce qui s’est déjà joué.

La célébration chrétienne d’un mariage

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Du point de vue de l’engagement, ce que nous vivons en Église n’ajoute donc rien. Cependant, à l’occasion du mariage de chrétiens, cette célébration donne l’espace à trois choses fondamentales pour nous.

Rappeler le dessein de Dieu

En tant que chrétiens, il nous importe de reconnaître dans le mariage un don de Dieu. L’union de l’homme et de la femme pour fonder ensemble une nouvelle entité est une réalité bonne, voulue par Dieu. En nous rassemblant pour une bénédiction nuptiale nous voulons réaffirmer au nouveau couple et à la communauté ce que Dieu désire pour le mariage. Le sens de cette institution ne dépend pas de notre bon plaisir. Dieu a voulu qu’un homme et une femme puissent unir leurs vies pour s’appartenir exclusivement. Cette union est pour leur bonheur, et pour la gloire de Dieu. L’alliance dans laquelle nous nous engageons ainsi est appelée à être une image de l’alliance que Dieu a établie entre lui et son peuple (Ep 5.22-33). Dans la relation d’amour qui se tisse entre époux, c’est l’amour de Dieu qui est rendu visible autour d’eux et, en particulier, pour les enfants qui pourront naître de cet amour. Quelle destinée extraordinaire !

Invoquer l’aide de Dieu

Toutefois, refléter l’amour de Dieu dans un monde pécheur n’est pas simple. C’est la raison pour laquelle nos cérémonies autour d’un mariage sont aussi tout particulièrement l’occasion de solliciter le secours de Dieu pour cette aventure. Parce qu’ils savent que Dieu les a secourus en Jésus-Christ, les mariés qui s’engagent à vivre leur union selon l’Écriture ont l’assurance de pouvoir s’appuyer sur celui qui les y a appelés. Ainsi, la « bénédiction de mariage » est fondamentalement l’occasion de prier pour les nouveaux mariés et demander à Dieu de bénir leur union. La communauté qui accompagne cette union, assemblée autour d’eux, intercède auprès du Seigneur pour qu’il soutienne le couple dans cette vie nouvelle qui débute pour lui.

Se réjouir ensemble de l’œuvre de Dieu

Finalement, ces temps nous offrent également une occasion de réjouissance. Ensemble, nous nous réjouissons de la résolution des mariés à marcher dans les voies de Dieu, de ce qu’il a fait et fera encore dans leur vie. Nous nous réjouissons pour l’amour en tant que don de Dieu. Même si nul n’ignore les réalités douloureuses que traversera peut-être un couple, Dieu est à l’œuvre avec l’homme et la femme qui s’engagent à son écoute dans le mariage. Ce projet est un projet de bonheur. Il y a bien de quoi se réjouir avec eux, même avant la fête et le repas qui pourront suivre.

 Une cérémonie multiforme

Si ces trois axes peuvent nous orienter, l’Écriture ne prescrit rien quant à la forme de nos célébrations nuptiales. Recommander à Dieu un mariage peut se faire très simplement. Au minimum, ce pourrait même être une prière pour le couple lors d’un culte ordinaire, éventuellement quelque peu aménagé pour l’occasion. Une agape après ce culte pourrait pleinement tenir lieu de fête. Si nous avons l’envie et les moyens d’organiser une plus grande célébration, rien ne nous empêche d’en profiter. Veillons pourtant à ce que cela ne nous fasse pas manquer l’essentiel : le Dieu sur qui nous comptons pour cette nouvelle aventure. C’est notre relation avec lui, et non la décoration de l’Église ou l’excellence des plats, qui fondera un mariage heureux. ■

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