PAR : Matthieu Hodapp
Membre du Conseil de l’Association, pasteur, Église de La Bonne Nouvelle, Mulhouse.

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Société
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Voici la deuxième partie de l’article de Matthieu Hodapp publié dans le numéro imprimé de printemps (102/03-04). Pour mémoire, à Mulhouse, l’Église de La Bonne Nouvelle représente les évangéliques dans le cadre du Calendrier interreligieux de la Ville, dont le thème 2027 sera « les religions et l’hospitalité ». Les représentants catholique, protestant réformé et évangélique ont rédigé un texte commun sur ce thème, que Le Lien fraternel publie en trois parties.

Repères bibliques

L'hospitalité peut être définie comme « la qualité ou la disposition à recevoir et à traiter les invités et les étrangers de manière chaleureuse, amicale et généreuse ». Dans le Nouveau Testament, le mot grec traduit par « hospitalité » signifie littéralement « amour des étrangers ». L'hospitalité est une vertu qui est à la fois commandée et recommandée tout au long des Écritures. Dans l'Ancien Testament, elle était spécifiquement ordonnée par Dieu : « Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne le maltraiterez pas. Vous traiterez l'étranger en séjour parmi vous comme un Israélite, comme l'un de vous; vous l'aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers en Égypte. Je suis l'Éternel, votre Dieu. » (Lv 19.33-34).

Pendant leur ministère public, Jésus et ses disciples dépendaient entièrement de l'hospitalité lorsqu'ils l’exerçaient de ville en ville (Mt 10.9-10). De même, les premiers chrétiens dépendaient et recevaient l'hospitalité des autres (Ac 2.44-45 ; 28.7). Les voyageurs de l'Antiquité dépendaient fortement de l'hospitalité des étrangers, car les voyages pouvaient être dangereux et il y avait très peu d'auberges, et les chrétiens pauvres n'avaient de toute façon pas les moyens d'y séjourner. Cette générosité à l'égard des étrangers incluait également d'ouvrir sa maison pour les services religieux. L'hospitalité était en effet une vertu très appréciée dans l'Antiquité, en particulier chez les dirigeants chrétiens (Tt 1.8 ; 1Tm 3.2). L'Église doit certainement ses débuts à l’hospitalité des uns pour les autres.

rencontre

L'auteur de l'épître aux Hébreux nous rappelle de ne pas oublier de « recevoir des étrangers, car certains ont ainsi reçu des anges sans le savoir » (Hé 13.2). En effet, dans le livre de la Genèse, nous lisons qu'Abraham a fait preuve d'humilité et de générosité en offrant l'hospitalité à trois étrangers. Riche et âgé, Abraham aurait pu faire appel à l'un de ses nombreux serviteurs pour s'occuper des trois visiteurs inattendus. Mais l'hospitalier et juste Abraham leur a généreusement donné ce qu'il avait de mieux. Et il s'est avéré qu'il avait accueilli Dieu lui-même, au travers de ces anges (Gn 18.1-8).

Les chrétiens, en tant que disciples du Christ, sont invités à imiter son amour et sa compassion lorsqu’ils font preuve d'hospitalité, non seulement à l'égard des autres chrétiens, mais plus encore à l'égard des étrangers et des moins fortunés. En fait, nous honorons Dieu lorsque nous sommes bienveillants avec les nécessiteux (Pr 14.31 ; 19.17).

Comme l'a dit Jésus : « Lorsque tu organises un festin, invite au contraire des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles, et tu seras heureux, car ils ne peuvent pas te rendre la pareille. En effet, cela te sera rendu à la résurrection des justes. » (Lc 14.13). Le Christ nous a également enseigné le deuxième plus grand commandement, à savoir « aimer son prochain comme soi-même » (Mt 22.39), et la parabole du bon samaritain nous enseigne que le « prochain » n'a rien à voir avec l’origine, la citoyenneté ou le genre. Partout et à chaque fois que des personnes ont besoin de nous, nous pouvons être des « bons samaritains » et, comme le Christ, faire preuve de miséricorde. Voilà l'essence de l'hospitalité.

Dans l'Évangile de Matthieu, Jésus parle du comportement hospitalier de ceux qui hériteront du royaume : « Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, j'avais besoin de vêtements et vous m'avez vêtu, j'étais malade et vous m'avez soigné, j'étais en prison et vous êtes venus me voir. » (Mt 25.34-36). De nos jours, nous ne pensons pas souvent à recevoir des étrangers, mais l'hospitalité reste une partie importante du ministère chrétien (Rm 12.13 ; 1P 4.9). En servant les autres, nous servons le Christ (Mt 25.40). Aujourd’hui, la question de l’hospitalité traverse profondément les sociétés occidentales. Les débats sur les migrations, l’identité culturelle ou le pluralisme religieux montrent que l’accueil de l’autre est devenu un point de tension majeur(*).


En équipe avec Francis Muller, pasteur protestant, et Hervé Paradis-Murat, prêtre catholique, Mulhouse.

(*) Dans Le Lien fraternel imprimé d’automne 2026, la troisième et dernière partie de l’article abordera cette question des enjeux actuels.

Le calendrier 2026 a pour thème « Les religions et la paix ».

Article paru dans :

août 2026

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