Auteur :
Serge Horrenberger
Ancien de l’Église protestante évangélique « La Source », Château-Arnoux
Paru dans :
Lien fraternel de janvier 2020 (n° 96/01)
Rubrique :
Point de vue
Mots-clés :
 

« Arrêtez, et sachez que je suis Dieu ! Je domine sur les nations, je domine sur la terre. » (Ps 46.11). « … Si l’Eternel paraît tarder, attends-le patiemment, car il vient sûrement, il ne tardera pas. » (Ha 2.3).

« Arrête-toi ! − Je ne peux pas m’arrêter, je suis bien trop occupé, je n’ai pas le temps. − Attends ! − Mais non, tu n’as pas compris, je suis pressé, j’ai tant de choses à faire, je ne peux pas attendre. − … Je comprends, tu as du travail, des responsabilités, tu veux être efficace, tu fonces. Mais si tu t’arrêtais un peu pour réfléchir, pour attendre et écouter Dieu, es-tu sûr que ce serait du temps… perdu ? »

Pourquoi s’arrêter ? Et si c’était pour gagner du temps ? Pour réapprendre à le savourer, pour ré-étalonner nos priorités.

Peut-être pour « virer » des séquences qui nous paraissent indispensables, mais qui, à l’examen, se révèlent chronophages et nuisibles à nos relations, à notre tranquillité, et dont nous nous sommes chargés comme une évidence sans nous rendre compte qu’en fait elles n’ont pas de vraie utilité.

S’arrêter pour enfin intégrer, reconnaître, savoir que l’Éternel est Dieu. Il domine toutes choses, et aussi le temps dont il nous fait le cadeau. Faire de Dieu le maître de notre temps. Lui sait ce qui est vraiment nécessaire…

Si nous prenions conscience que Dieu est effectivement souverain, peut-être comprendrions-nous que, au bout du compte, ce n’est pas ce que nous faisons qui est déterminant.

Comment vivait Jésus ? Il se déplaçait à pied, il prenait le temps de s’arrêter pour s’occuper de celui qui avait besoin de lui, même si cela paraissait le retarder ; et ce n’est pas pour autant qu’il courait ensuite pour « rattraper le temps ». Il avait soin d’inviter ses disciples au repos, sachant qu’ils en avaient besoin (comme nous aussi). Il s’isolait régulièrement pour parler à son Père. Son ministère s’est limité à trois années mais, dans les Évangiles, il n’apparaît pas stressé par tout ce qu’il aurait à faire pendant ces trois ans. Jésus n’a pas cherché à multiplier le nombre de ses disciples ni à convaincre tous ses auditeurs, il n’a pas guéri tous les malades de Palestine. Et pourtant, il a entièrement accompli sa mission.

Dieu nous demande d’accomplir les œuvres qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions (Ep 2.10). Cela ne signifie pas nécessairement que nous devions galoper dans tous les sens ! Peut-être est-ce plutôt le moment de l’attendre patiemment ; ces œuvres bonnes qu’il a préparées pour nous, pouvons-nous imaginer qu’il ne nous les fera pas connaître si nous l’écoutons et voulons le servir ?

Et pourquoi négliger le fait qu’il y a aussi un temps… pour jouir de la vie, pour apprécier les cadeaux que Dieu nous fait, pour nous émerveiller devant la beauté de ce qu’il a créé ?

En ce début d’année, pourquoi donc ne pas tenter l’aventure de la pause, de l’arrêt ? Attendons Dieu, attendons-nous à Dieu. ■