Auteur :
Christian Baugé
Membre du comité de rédaction, Église protestante évangélique d’Ozoir-La-Ferrière
Paru dans :
Lien fraternel de mars 2020 (n° 96/03)
Rubrique :
Point de vue
Mots-clés :
 

Dans ces temps d’élections municipales en France, nos hommes et femmes politiques vivent des moments difficiles. Comment paraître irréprochable devant les électeurs quand des secrets sont dévoilés au grand jour, disqualifiant ainsi certains candidats ? Faut-il vraiment dissocier leur vie privée de leur vie publique ? Coups bas ou non, nous sommes, une fois de plus, confrontés à la réalité du péché qui habite tout être humain. Triste esclavage pour certains qui ont ainsi perdu toute chance d’être élus au plus haut niveau de responsabilités.

Sans trop de naïveté, je suis tout de même rassuré de constater qu’une majorité de nos concitoyens exige une certaine éthique, sinon une certaine pureté chez ses dirigeants. Chez les chrétiens, on appelle ça la sainteté.

Toutefois, la parabole de Jésus, « Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère » (Lc 6.41), m’amène à m’interroger. Tous les aspects de ma vie, mes pensées, mes paroles, supporteraient-ils une diffusion publique sur YouTube ? Pas si sûr. Et pourtant, Jésus nous a prévenus : « Tout ce qui se fait en secret sera dévoilé, et tout ce qui est caché finira par être connu. Ainsi, tout ce que vous aurez dit en secret sera entendu ouvertement en plein jour, et tout ce que vous aurez chuchoté dans le creux de l’oreille, derrière des portes bien closes, sera crié du haut des toits en terrasses. » (Lc 12.1,3).

Nous avons raison d’être horrifiés par certains comportements de ceux qui sollicitent nos suffrages. Cependant, ai-je autant de dégoût pour mon propre péché ? Ai-je conscience que mes transgressions déplaisent non seulement aux hommes mais surtout à Dieu ? Mon Maître n’a ni caméra ni micro cachés. Il sait tout de moi. Je ne peux rien lui dissimuler et pourtant il m’a choisi. Il m’a élu.

Je voudrais avoir plus souvent conscience de son regard, de sa présence pour marcher dans la lumière comme nous le rappelle l’apôtre Jean (1Jn 2.6). Ce n’est pas une invitation mais un commandement.

Rater le coche, gâcher sa vie pour une faute, une addiction, une dissimulation, c’est vraiment dramatique et pathétique pour un personnage public. Comment survivre au séisme ? Comment rebondir ? Il faut sans doute imiter un Saul de Tarse, un John Newton (Amazing Grace) ou un Charles Colson (Watergate) pour trouver la réponse. « Si, toutefois, il arrivait à quelqu’un de commettre un péché, nous avons un Défenseur auprès du Père : Jésus-Christ, le juste. Car il a apaisé la colère de Dieu en s’offrant pour nos péchés. » (1Jn 2.1-3). ■