PAR : Pierre Osselaer
Secrétaire de rédaction, vice-président du Conseil de l’Association, Communauté chrétienne de Bruxelles-Stockel

Article paru dans :
Rubrique :
Association baptiste
Mots-clés :

Difficile d’entrer dans l’hiver 2026 sans jeter un dernier coup d’œil à l’automne 2025. Quand les feuilles tombent, nos pastorales régionales fleurissent.

Si la pastorale du nord faisait relâche, c’est l’ABRIF, l’Association baptiste en région Île-de-France, qui a ouvert le bal le 6 octobre à Paris avec pour thématique « Les conflits dans les Églises ».

Un peu plus tard, les Pastorales de l’Est et du Sud-Est se sont réunies et nous ont adressé deux comptes rendus que nous vous invitons à découvrir.

photo pastorale abrif

Pastorale du Sud-Est

Par Olivier Brunel, ancien, Église évangélique baptiste de Nîmes.

Thonon, le bel accueil sur les rives du Léman

Oui, Thonon nous accueillait et de jolie façon du 17 au 19 novembre à l’occasion de notre rassemblement automnal. Les Églises de Carpentras, Château-Arnoux, Collonges-sous-Salève, L’Isle-sur-la-Sorgue, Montpellier, Nîmes, Genève et bien sûr Thonon étaient représentées. Merci à toutes celles et ceux qui nous ont accueillis, nourris, hébergés. Nous « sommes famille ».

Une pastorale, pourquoi ? Pour se ressourcer, pour savoir un peu mieux ce que vivent les autres communautés et les différentes œuvres : aumônerie en Rhône-Alpes, mission à l’étranger (Coucou Nordine !). Pour prier ensemble après avoir pris le temps du partage des informations, des sujets de joie, des préoccupations.

Une pastorale aussi pour se laisser questionner chaque année sur un sujet différent.

Cette année, Jonathan Hanley, écrivain, traducteur, pasteur durant une quinzaine d’années, directeur de la Ligue pour la lecture de la Bible, nous a guidés dans la réflexion sur un sujet complexe : « Personnes LGBTQI, défis de l’accueil dans l’Église, dans l’amour et la vérité. Quel accompagnement pastoral pour elles et pour leurs familles ? »

Secondé pour un atelier animé par Liliane Favarger, conférencière et créatrice de podcast, Jonathan a su nous amener, en gardant constamment les yeux fixés sur Christ, à identifier les positions extrêmes dans l’Église sur ce sujet pour dégager une voie médiane faite d’amour et de vérité.

Les responsables d’Églises sont amenés à distinguer l’accueil, l’accompagnement et l’approbation vis-à-vis des personnes qui sont concernées par une lutte interne entre leur désir de suivre Christ et les désirs qui procèdent de leur orientation sexuelle ou de la difficulté de celle-ci, parfois.

photo pastorale sud-est

Cette lutte interne n’est pas uniquement propre à ceux qui souhaitent rejoindre une communauté, elle peut être vécue, secrète, par des personnes intégrées, depuis quelques années parfois, dans nos Églises.

Jonathan Hanley n’a pas caché à quels dilemmes éthiques l’accompagnement pastoral est confronté dans ce domaine, et le groupe réuni à Thonon a réfléchi collectivement à certains d’entre eux. On ne repart jamais tout à fait le même d’une pastorale et cela a encore été le cas cette fois-ci.

Indications bibliographiques parmi d’autres : Marie-Noëlle Yoder, Quand genre, culture et foi s’entrechoquent (Éditions mennonites, 2023) - Ed Shaw, L’Église et l’attirance homosexuelle : mythes et réalités (Éditions Ourania, 2019).

Pastorale de l'Est

La traditionnelle et annuelle Pastorale de l’Est, franco-suisse, comme son nom ne l’indique pas, s’est tenue dans les locaux de l’Église baptiste de Moutier, en terre prévôtoise, les 24 et 25 novembre 2025.

Réunissant une bonne quinzaine de participants, pasteurs, anciens, membres de conseils, cette pastorale, remarquablement organisée et pilotée par les frères Cédric et Matthieu, a accueilli comme orateur le frère Daniel, pasteur des Assemblées de Dieu en France. Le thème central de cette pastorale, se voulait une réflexion autour du thème central : « Spiritualité charismatique ».

Des temps de réflexion

Le frère Paul introduisit ces deux journées par une courte méditation à partir de Romains 8, dont le thème central n’est autre que « l’Esprit ». Quel réconfort de réentendre cette parole solennelle : « Vous avez reçu un Esprit d’adoption filiale, par lequel nous crions : Abba-Père ! » (Rm 8.15, NBS).

Parfaitement lancés par cette riche portion de l’Écriture, place fut donnée à notre orateur pour quatre plages d’enseignement sur deux jours.

Le frère Daniel choisi comme angle d’attaque non pas une analyse systématique des grands textes résumant la théologie du Saint-Esprit, mais plutôt une approche pragmatique, faite d’expériences, de témoignages personnels fort vivants, de ses voyages à travers le monde, de ses rencontres avec d’éminents théologiens et nous transmettant les valeurs charismatiques qui lui sont chères : baptême du Saint-Esprit, seconde expérience, parler en langues, délivrances, guérisons. Aiguisée par ces rappels de la sainte pneumatologie, la confrérie des pasteurs présents proposa alors quatre questions pertinentes et non moins fraternelles à notre frère Daniel, pour qu’il y réponde, ce qu’il fit le lendemain. Quelques percées exégétiques éclairèrent notre compréhension et de nouveaux témoignages d’expériences vinrent consolider son enseignement. S’en suivit de beaux moments de questions et réponses, toujours dans un respect mutuel profond d’une assemblée marquée par « la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit » (2Co 13.13, NBS).

Des temps de partage

Mot clé de notre tradition évangélique s’il en est, plusieurs temps de partage de nouvelles furent mis à part, tout au long de cette pastorale, nouvelles de nos églises régionales de notre belle Association baptiste. Moments enrichissants, bien des sujets de joie, d’encouragements, nouveaux défis, mais aussi quelques sujets plus préoccupants pour alimenter nos différents temps de prières. Deux moments ludiques vinrent agrémenter quelque peu nos partages.

photo pastorale est

Grâce au frère Paul, encore lui, une animation de rue nous fut proposée. Non pas, une distribution systématique de Bibles ou littérature chrétienne, mais plutôt une découverte des richesses incomparables de notre ville de Moutier. Le frère Paul invita un ami, Stéphane Froidevaux, historien et archéologue, pour nous changer d’horizon. Par une journée pluvieuse et glaciale, dans les ruelles de la ville, l’archéologue nous fit découvrir les merveilles qui se cachent dans les sous-sols prévôtois. Mais également le riche patrimoine industriel qui fit la fortune et la renommée de notre chère ville. Pour couronner le tout, nous avons pris de la hauteur et nous nous sommes rendus au Temple, l’honorable Collégiale, dominant la cité. Il pleuvait toujours quand nous avons regagné le 60, rue Centrale pour un deuxième temps ludique.

Ce fut l’heure de vérité. Le frère Cédric, l’homme-orchestre de la région, nous proposa un jeu biblique sur smartphones ! Un temps pour méditer, un temps pour cliquer ! Nous devions pianoter et trouver les bonnes réponses aux six versets qui nous furent proposés : trouver le livre, le chapitre, le verset ! Six-cents points à gagner ! Par groupe de deux, nous nous sommes plongés dans les Écritures, sans tricher en ouvrant l’application adéquate. Vint le moment tant attendu du palmarès. Incontestablement, ce fut le frère Marc, tout jeune pasteur retraité, qui remporta haut la main la palme d’or avec cinq-cent quatre-vingt-quatorze points. Toujours aussi humble et modeste dans son analyse, il déclara : « J’espère que je ferai mieux la prochaine fois ! » Ah ! mes amis, il y a plénitude et plénitude ! Un gouffre sépara les candidats et je vis des collègues grincer des dents, franchissant péniblement la barre des deux-cents points, invoquant, ici ou là, des problèmes de cliquages, des coupures de connexion ou même des trous de mémoire soudains et inattendus. Oui, il y aurait donc des dons qui se perdent en route et qu’il faudrait entretenir. Une hospitalité fraternelle.

Je ne saurais terminer ce compte-rendu sans l’évocation d’un autre temps de partage. Le partage autour des tables, donc des repas. Alors que nous nous adonnions, à l’étage inférieur du bâtiment de l’église, à la diaconie de la prière et de la Parole, à l’étage supérieur, des frères et sœurs de l’Église baptiste de Moutier s’adonnaient à la diaconie du service aux tables. Pour servir avec dévouement, joie et dextérité cette auguste confrérie franco-suisse.

Je peux sincèrement témoigner que les frères de l’Est n’eurent point à maugréer contre les frères de l’Ouest. Tout fut réparti à parts égales !

Un léger bruit se fit entendre cependant du côté Est : « Vous savez, chez nous, le pain et le fromage… » Mais un florilège de desserts vint calmer leur ardeur.

Ainsi servis, sustentés, soutenus, mes pensées se tournèrent vers l’apôtre Paul : « Nous sommes un seul corps … Nous avons des dons différents de la grâce, selon la grâce qui nous a été accordée … que celui ou celle qui donne le fasse avec générosité. » (Rm 12.5-7, NBS). Grâce au don de l’hospitalité, également, tous les amis bénéficièrent d’une bonne nuit de repos.

En conclusion

Vint le temps des conclusions. Ultime moment de partage autour de la Parole avec le frère Daniel. Ultime moment du partage des annonces et infos de dernière minute. Ultime moment du partage des remerciements ! Pour l’orateur, et pour les deux frères organisateurs de ces journées, les frères Cédric et Matthieu, dont le don d’organisation ne faisait aucun doute, auquel s’ajouta le don d’innovation !

Décidemment, la spiritualité charismatique classique nous encourage : « Il y a diversité de dons de la grâce, diversité de services, diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous. Or à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. » (1Co 12.4-7, NBS). Et tous les collègues repartirent heureux d’avoir vécu de tels moments de communion fraternelle franco-suisse, « remplis de joie et d’Esprit saint » (Ac 13.52, NBS). Car déjà, le service du dimanche matin se pointait à l’horizon, servir tout à nouveau avec les dons de la grâce pour l’utilité commune. En un mot : bâtir la maison avec l’aide infiniment précieuse de l’Esprit saint !

Article paru dans :

janvier 2026

Rubrique :
Association baptiste
Mots-clés :
À Bible ouverte

Le Dieu médecin de nos cœurs

Léo Lehmann
Article précédent
Autour de nous

Joie et Vie : l’aventure continue !

Cédric Jung
Article suivant
Article paru dans :